Services bancaires : les banques congolaises n’appliquent pas la gratuité instituée par la COBAC

Face à de nombreuses plaintes des usagers des banques, l’Observatoire congolais des droits des consommateurs vient de lancer des campagnes d’information et de sensibilisation en ligne et sur les réseaux sociaux. Le secrétaire exécutif de l’Observatoire, Mermans Babounga Ngondo, déplore la surfacturation des produits et services par les banques, de la rétention de l’information, de l’insuffisance de transparence dans la mise en place des conventions de crédit, y compris de l’augmentation des frais pour la clôture des comptes des salariés.

En effet, le nouveau règlement de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a fixé clairement les opérations, produits et services faisant partie du service bancaire minimum garanti aux consommateurs. Mermans Babounga Ngondo parle de l’impuissance des autorités congolaises à faire appliquer les directives prises au niveau communautaire.

« Les pouvoirs publics nous paraissent débordés et n’ont pas toujours les moyens qu’il faut pour intervenir au bon moment. Tenez, était-il normal que les frais de retraits des espèces soient facturés jusqu’à 2000 par une des banques alors que les autres le faisaient à 500 ? La régulation coûte cher, sans moyens financiers et humains les pouvoirs publics ne peuvent pas assurer correctement leur mandat de protéger les usagers », a fustigé le secrétaire exécutif de l’Observatoire congolais des droits des consommateurs. 

À la faveur de l’entrée en vigueur du service minimum bancaire garanti, depuis le 1er janvier dernier, l’Observatoire a sollicité à l’Association des professionnels des établissements de crédits (APEC) une concertation au sujet de l’application de la gratuité de certains services et produits.

Les observateurs considèrent le nouveau règlement COBAC sur la protection des consommateurs des produits et services de banques comme de textes révolutionnaires, avec l’avantage de promouvoir la bancarisation d’un plus grand nombre des consommateurs. « Il faut pour cela que les banques investissent dans l’innovation et la formation de leurs agents », estime l’initiateur de la campagne d’information.

Cette plateforme a promis de publier régulièrement chaque semestre son rapport de suivi de mise en œuvre du service minimum garanti par les établissements bancaires et de microfinance. Entre-temps, elle a exhorté les banques d’afficher dans leurs agences tous les services concernés par la gratuité.

Ces services sont : l’ouverture de compte, le changement d’éléments d’identification constitutifs du dossier du consommateur ; la consultation du compte dans les agences de l’établissement ; la remise, une fois par mois, sur support papier au guichet, ou par voie électronique, selon le choix du consommateur, du relevé de compte mensuel ; la délivrance d’une attestation de non redevance par an et à la clôture de compte ; la domiciliation du salaire ; la délivrance du relevé d’identité bancaire ; la délivrance de cinquante formules de chèque par an au titulaire du compte ; le virement de compte à compte dans le même établissement ; le versement d’espèces dans les agences de l’établissement ; le paiement par chèque ; le retrait d’espèces dans les agences de l’établissement ; le retrait de billets dans les guichets automatiques de l’établissement du porteur de la carte.

 

Source
Date de publication : 2021-02-03 12:32:04