Régions anglophones : la crise des matières premières

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest constituent un important vivier économique du Cameroun. Elles se caractérisent par une forte activité agricole, des activités d’extraction minière (pétrole brut et gaz), et de raffinage de pétrole dans la localité de Limbe, des activités de commerce et de transit, des activités touristiques, des incubateurs de startups, des offres de services de microfinance. Ces deux zones sont également des bassins d’approvisionnement en matières premières pour les autres régions, constituent par ailleurs des pôles de consommation et de transit des productions issues ou à destination du Nigeria. En 2015, la contribution des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s’établissait à 16,3% du produit intérieur brut de Cameroun. L’impact socio-économique de la crise sécuritaire dans ces zones affecte très négativement l’activité de production, les services marchands, les finances publiques et les services sociaux de base.

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En 2019, la production de caoutchouc dans les régions anglophones se situait autour de 2000 tonnes. Elle a connu une baisse importante par rapport à la période post-crise qui affichait en 2015 une production totale de 17.000 tonnes. Concernant la production d’huile de palme, elle est passée de 4254 tonnes avant la crise à 433 tonnes. Quant à la production de cacao dans le Sud-Ouest, elle a subi une baisse considérable de 45% au cours de la campagne 2016 à 29% en 2019/2020 (74.000 tonnes). La banane n’a pas échappé à la chute vertigineuse des productions. Les deux zones ont enregistré une production de 115.000 tonnes en 2016, et 0 tonnes en 2019. En 2018 et 2019, la production de riz paddy a été inférieure de 7000 tonnes à celle d’avant la crise. Pour le secteur du tourisme et de l’hôtellerie, le taux d’occupation des hôtels dans la région du Nord-ouest a continuellement baissé depuis 2016, passant de 57,7% à 13,7% en 2020. En 2019, les hôtels du Sud-Ouest ont enregistré 30.242 arrivées, contre 116.719 en 2017.

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Les secteurs des transports routiers, distribution des produits pétroliers, la banque et services financiers, les recettes fiscales, l’exécution du budget d’investissement public etc ont connu également connu des chutes significatives de production.

A titre de rappel, la contribution directe des deux régions anglophones au produit intérieur brut s’établissait en 2015 à 16,3% (bassins d’approvisionnement en matières premières pour les autres régions, zone de consommation et de transit des productions issues ou à destination du Nigeria, startups, microfinance, agriculture, extraction minière, commerce, transit etc…). Les mesures gouvernementales de soutien à l’activité économique ont également porté sur la délivrance des autorisations d’importation pour certaines matières premières ou le soutien à la relance des agro-industries publiques (CDC, Pamol, et Unvda).

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Date de publication : 2021-05-26 13:41:15