Micro-finance : la Commission Bancaire de l’UMOA répond aux préoccupations des Systèmes Financiers Décentralisés de grande taille


Sous la présidence de Monsieur Tiémoko Meyliet KONE, Gouverneur de la BCEAO, Président de l’organe de supervision bancaire sous-régional, le Secrétariat Général de la Commission Bancaire a organisé le 21 mai 2021 par visioconférence la première rencontre avec les Directeurs Généraux des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) de grande taille de l’UMOA.

Les SFD sont communément appelés institutions de micro-finance. Toutefois, ceux dont l’encours de dépôts ou de crédits atteignent au moins deux (2) milliards de FCFA au terme de deux (2) exercices consécutifs, font partie des établissements assujettis au contrôle de la Commission Bancaire de l’UMOA, au même titre que les compagnies financières, les banques, les établissements financiers à caractère bancaire et les établissements de monnaie électronique.

Lors de l’ouverture de la session, le Gouverneur de la BCEAO, a souligné dans son allocution toute l’importance qu’il attachait au secteur de la microfinance. Il s’est notamment réjoui de la contribution des SFD à l’inclusion financière des populations de l’UMOA, en particulier celles les plus vulnérables et généralement exclues des circuits financiers classiques. Il a rappelé, à cet égard, que la stratégie régionale d’inclusion financière, en cours de mise en œuvre sous l’égide de la BCEAO, comporte un dispositif relatif à l’assainissement du secteur de la microfinance confrontée à certaines vulnérabilités.

Au titre des travaux, les échanges ont porté sur deux thèmes. Le premier avait trait à la situation du secteur de la microfinance dans l’UMOA, à travers des présentations sur l’évolution du paysage et de l’activité des SFD de grande taille, le cadre de supervision et les principaux constats issus des contrôles de la Commission Bancaire de l’UMOA. Les échanges ont également porté sur l’impact de la COVID-19 sur le secteur.

Les discussions sur ce premier thème ont permis au Gouverneur de la Banque Centrale d’apporter des précisions sur les préoccupations formulées par la profession de la microfinance, relativement au refinancement de ces institutions. En effet, au regard des difficultés qu’elles rencontrent pour obtenir les financements bancaires, les institutions de microfinance ont souhaité accéder aux guichets de refinancement de la Banque Centrale, à l’instar des banques.

Dans son intervention, le Gouverneur KONE a rappelé aux SFD la nécessité d’améliorer leur gouvernance ainsi que leur situation financière et prudentielle, afin de renforcer leur crédibilité. Il a également indiqué que certaines conditions à respecter par les SFD sont indispensables pour réduire l’asymétrie d’information entre les banques et les SFD et accroître la confiance.

Le second thème de la rencontre a été consacré à la sensibilisation sur le cadre réglementaire, notamment sur les dispositions des circulaires adoptées en 2020 par la Commission Bancaire. Ces textes réglementaires portent notamment sur le traitement des réclamations des clients des SFD et sur l’élaboration de plans préventifs de redressement. Des précisions ont également été apportées sur les critères d’éligibilité des emprunts subordonnés au rang de fonds propres des SFD.

Pour leur part, les SFD ont exprimé leurs préoccupations relatives aux dispositions réglementaires. Elles ont mis en exergue les difficultés qu’ils rencontrent dans la compréhension et l’application des exigences réglementaires, tout en sollicitant que certaines normes prudentielles soient allégées.

En clôture des travaux, le Secrétaire Général de la Commission Bancaire, Monsieur Antoine TRAORE, s’exprimant au nom du Gouverneur KONE, s’est réjoui de la tenue de cette première rencontre, qui sera renouvelée selon une périodicité annuelle. Il a fait part des bonnes dispositions de la Banque Centrale et de la Commission Bancaire pour accompagner le secteur, à l’effet de lui permettre de contribuer, dans des conditions optimales, à l’inclusion financière des populations et à un financement sain des économies de l’UMOA. Pour ce faire, les actions du superviseur iront toujours dans le sens de la maîtrise des risques pesant sur le secteur, pour notamment une protection renforcée des dépôts des clients. A cet égard, M. TRAORE leur a rappelé la nécessité de renforcer leur gouvernance d’entreprise et la gestion des risques, conformément aux orientations du Gouverneur de la BCEAO.

R. K.

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Date de publication : 2021-05-25 21:59:42