Mariage précoce des enfants:84 villages du Nord-Bénin exemptés de la pratique

Le mariage précoce des enfants est une pratique en vogue dans plusieurs localités du Bénin. Les nombreux plaidoyers et les efforts des organisations en charge de la protection des droits des enfants ont contribué au recul du phénomène. Le jeudi 02 septembre dernier, une délégation conjointe de l’Unicef et du Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance ont procédé ce jour à la certification de 84 villages exempts de mariage d’enfants, dans les communes de Gogounou, Ségbana, Karimama, Malanville dans le département de l’Alibori et dans la commune Nikki dans le département du Borgou.

«Le mariage précoce est une violation des droits fondamentaux des enfants avec des conséquences graves, telles que la déscolarisation, les grossesses à risque, la mortalité maternelle, juvénile et infantile, la maltraitance, les infections sexuellement transmissibles y compris le Vih/Sida, » explique Guirlène Frédéric, Cheffe de la Protection des enfants à l’Unicef au Bénin. Selon l’Enquête démographiques et de santé (Eds) 2018, au Bénin, 3 filles sur 10 sont mariées avant 18 ans. Les mêmes sources indiquent que les filles vivant dans le Borgou, la Donga et l’Alibori ont plus de risques d’être mariées avant leur majorité. Face à ce tableau et en droite ligne avec la campagne de l’Union Africaine pour éradiquer ce phénomène sur le continent, le Bénin a lancé en juin 2017 la « Campagne Tolérance Zéro» au mariage des enfants (Ctz) afin de mettre fin aux violences contre les enfants au niveau national et dans les départements de l’Alibori et du Borgou en particulier.  « Depuis le démarrage de la campagne Ctz, mise en œuvre par l’Ong Dedras avec l’appui technique et financier de l’Unicef, le mariage des enfants a considérablement reculé dans la commune de Gogounou, » a souligné le maire, Seydou Barry Tidjani. « Quoique le Bénin puisse se réjouir des efforts fournis pour faire reculer le phénomène de mariage d’enfants, de nombreux défis restent à relever pour parvenir à zéro mariage d’enfants sur le territoire national, » a fait savoir Grâce Carine Kouton, Directrice de la Famille, de l’Enfance et de l’Adolescence au Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance. Selon le Coordonnateur national de l’Ong Dedras, Jean Kpetere, « la certification des villages est le fruit des engagements qui ont demandé beaucoup d’efforts en termes de remise en cause des us et coutumes ».

Un combat qui porte des fruits

Grâce au travail des acteurs de protection de l’enfant et leur engagement, 750 leaders de 152 villages se sont opposés et ont pu combattre les violences faites aux enfants, dont le mariage des enfants, dans les communes de Gogounou, Ségbana, Karimama, Malanville et Nikki. Plus de 7 665 parents et 4 483 adolescents et jeunes ont également été informés et engagés à mobiliser leurs pairs en faveur d’une meilleure veille communautaire contre les violences faites aux enfants. Le projet Ctz, bien qu’étant exécuté par Dedras, a mobilisé par ailleurs les membres du comité de pilotage du projet, présidé par les Directeurs Départementaux des Affaires Sociales et de la Microfinance du Borgou et de l’Alibori, les autorités locales, les Centres de Promotion Sociale , les acteurs de la santé, de la justice et de la sécurité, les administrations scolaires, les leaders religieux et traditionnels, les enseignants, les groupements de femmes et de jeunes, les adolescents et jeunes engagés.

Abdourhamane Touré    

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Date de publication : 2021-09-09 06:33:45