Les idu00e9es de ces deux approches varient entre deux caractu00e9ristiques du secteur


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pouvoir améliorer, au fur et à mesure, l’un et l’autre. Le développement rapide de ce secteur a
incité les responsables des IMF à adopter des mécanismes de gestion permettant de mieux
saisir les performances de leurs institutions.
I. La performance des IMF : cadre conceptuel
Le but de la microfinance est de lutter contre la pauvreté. Comme tous les domaines, la
microfinance présente des accords et des conflits internes. Les accords concernent ses
pratiques d’insertion des pauvres afin d’améliorer leurs conditions de vie, alors
que les
conflits tournent autour de la performance de ses institutions. L’objectif commun dévoile une
profonde division sur la façon d’aider au mieux ces personnes à travers l’accès à des services
financiers. Les débats qui se présentent quant à la manière de servir les pauvres donnent lieux
à deux approches contradictoires présentées par les
institutionnalistes
et les
welfaristes
. Les
idées de ces deux courants s’opposent en ce qui concerne le principe de solidarité et celui de
la rentabilité des IMF. Ces deux écoles présentent deux principales visions théoriques
opposées, concernant les moyens à adopter pour réduire la pauvreté. Il s’agit de l’opposition
entre la vision institutionnaliste et celle du bien-
être social, qui constitue d’après Morduch
(2000) le « schisme de la microfinance », où ces deux courants se heurtent concernant les
actes prioritaires des IMF. Les deux courants présentent des pensées conflictuelles sur les
enjeux de la microfinance, qui représentent le débat construit sur la fameuse question de la
viabilité financière des IMF et la portée sociale de leur intervention.
Tableau
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:
L’opposition
classique
entre
l’approche
welfariste
et
l’approche
institutionnaliste
Vision welfariste
Vision institutionnaliste
Viabilité financière
indispensable
NON
OUI
Portée sociale
Axée sur la minorité des
plus pauvres
Axée sur la majorité des
moins pauvres
Source : Ayi Ayayi ; (2007) ; « Défis et perspectives de la recherche en microfinance » ;
ADERSE ; P. 14.
L’approche welfariste est une école de
pensée qui «
s’articule autour des écrits de Jonathan
Morduch (1998 ; 1999 ; 2000) et de Gary Woller, Christopher Dunford et Warner Woodworth
(1999) »
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. Elle a été considérée comme une école de mesure de la pauvreté, qui ne vise pas en
priorité l’efficacité financière et technique de l’institution, mais plutôt une certaine équité
sociale permettant d’aider les démunis à s’échapper à long terme de la précarité qu’ils vivent.
Selon les welfaristes, les IMF cherchent à améliorer le bien-être sociale des très pauvres.

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Date de publication : 2021-03-28 12:48:35