le patronat accueille le crowdfunding à bras ouverts

 

Par A. Hlimi

 

Le patronat, et plus particulièrement sa branche bancaire et financière, la Fédération des secteurs bancaire et financier (FSBF), ont pris les devants pour encourager les opérateurs à investir dans le crowdfunding et les entreprises à utiliser ce moyen de financement pour lever des fonds. Lors d’une rencontre organisée par la CGEM, les intervenants ont en effet souligné l’importance de ce mode de financement de projets par le public comme un acteur incontournable dans l’écosystème de l’innovation et un partenaire infaillible des startup, notamment en ces temps de pandémie.

Lotfi Sekkat, président de la Fédération, a expliqué la différence entre la microfinance et le crowdfunding. Il a relevé qu’il s’agit de deux mécanismes de financement qui peuvent parfois s’adresser au même public, mais qui sont tout de même différents.

«D’un point de vue technique, la première grande différence est que le crowdfunding fait appel directement à l’épargne du public, alors qu’en cas de microfinance, cette ouverture n’existe pas», notant que les sociétés de microfinance ne collectent pas l’épargne auprès du public, mais via d’autres organismes. Mehdi Alaoui, Founder & CEO de la StartupFactory, a, quant à lui, dit que le crowdfunding se veut un outil de financement complémentaire «qui va changer la donne», notamment dans les secteurs de l’innovation et des nouvelles technologies, une fois les textes d’application promulgués.

«Au niveau des financements qui existent, on est toujours dans une relation «one to one». Là, pour la première fois, on est dans un nouveau type de financement où plusieurs acteurs qui ne se connaissent pas peuvent se syndiquer pour investir dans un projet», a-t-il fait observer.

Ainsi, tout le monde peut devenir investisseur grâce à ce mode de financement incontournable, a-t-il enchaîné, notant qu’il s’agit d’une aubaine pour les porteurs de projets créatifs et innovants. Le Directeur général de Crédit Agricole du Maroc, Abdelmounaim Dinia, a, pour sa part, noté que le crowdfunding est un instrument financier qui viendra s’ajouter à la panoplie des produits de financement qui sont offerts par les banques en vue de répondre au maximum aux besoins de financement de la clientèle.

Il s’attend à ce que les banques lancent des filiales dédiées : «les banques constituent les acteurs principaux de ce mode de financement; elles doivent être partie prenante de ce projet globalement». «Il y a même matière à investir dans une démarche de meneurs et de leaders sur ce chantier à même de déclencher une dynamique nationale», a-t-il poursuivi.

Au niveau continental, le coprésident du Financement participatif Afrique et Méditerranée (FPAM) et fondateur de CoFundy et d’Afrikwity, Thameur Hemdan, a soulevé que le développement du crowdfunding en Afrique est prometteur, mais reste, en revanche, «en retard par rapport aux autres continents».

Les montants levés en crowdfunding en Afrique sont aux alentours de 500 millions de dollars, tandis qu’ils sont vers les 40 milliards de dollars au niveau mondial, a-t-il fait savoir. Selon lui, les rendements peuvent être négatifs et les investisseurs doivent l’assimiler. Mais les bons projets ont permis à certains de multiplier par 10 leurs mises initiales. Au niveau africain, 70% des montants qui ont été mobilisés pour les financements des projets dans le continent viennent de l’étranger, a-t-il fait remarquer à cet effet. 

 

En attente des textes réglementaires

Adoptée et publiée en février dernier, la loi sur le crowdfunding nécessite encore les textes d’application. Selon le ministère des Finances, ces textes sont «bien avancés» et seront probablement publiés d’ici le deuxième semestre.

 

 

 

 

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Date de publication : 2021-05-07 12:56:15