L’accès aux crédits : le Congo renforce la protection des consommateurs

La mesure édictée par la Banque centrale repose sur la déclaration des Taux effectifs globaux(TEG), indicateur du coût réel du prêt sur toute la période de remboursement contractuel. Le TEG assure, à en croire des experts, la protection des emprunteurs via la garantie d’une plus grande transparence, la baisse effective du coût du crédit, la maîtrise du volume de crédit orienté dans tel ou tel secteur de l’économie.

Le Comité national économique et financier (CNEF), une structure logée à la Banque centrale, a initié une formation des dirigeants des établissements financiers, du 3 au 6 août dernier à Brazzaville, sur le renseignement du fichier des déclarations des TEG et leur mode de calcul, ainsi que sur la nomenclature des activités dans les États membres d’Afristac (Centre régional d’assistance technique du Fonds monétaire international).

Il faut savoir que les échanges avec les experts d’Afristac et du CNEF ont permis aux participants de comprendre les nouvelles exigences de la Banque centrale, notamment la nomenclature et la gestion du fichier relatif à la déclaration du TEG. Une phase pilote devra être organisée, afin de permettre aux établissements de crédit de tester leur connaissance sur le remplissage des fiches techniques.

Une avancée majeure en matière de l’inclusion financière et la protection des consommateurs au Congo, s’est félicité le secrétaire général du CNEF, Michel Dzombala. « Nous sommes tout de même sensibles aux difficultés soulevées par les banques. Mais il y a la nécessité de se conformer aux directives concernant le remplissage du formulaire et le calcul du TEG, parce que cet exercice procède justement du développement de l’inclusion financière et permet au consommateur d’avoir la possibilité de comparer le coût de crédit offert par le marché », a-t- il insisté.

Si les établissements de crédit et de microfinance acceptent de se soumettre à l’exigence de transparence et d’information à partir du 22 septembre prochain, ils sollicitent l’appui du gouvernement pour encadrer la concurrence sur le marché. « Nous allons mettre en exergue ce qui a été demandé, mais le gouvernement doit nous aider dans le financement. L’aide de l’État va nous permettre de faire face à la concurrence que nous livre la téléphonie mobile et la  baisse de revenus due à la gratuité de certains services imposés par l’autorité bancaire », a plaidé Nypsia Louhouamou, assistante comptable à Express Union.

Noël Blaise Ekouerebaye, le directeur général de la Caisse congolaise d’épargne, estime plutôt que l’introduction du TEG permettra, d’une part, à l’établissement de crédit de comprendre sa part dans le taux d’intérêt qu’il propose au client. « Le TEG va aussi contribuer à établir la confiance entre la banque et le client. Il favorisera une bonne concurrence entre les banques, parce que le client saura faire le choix des offres de crédit proposées par les banques », a affirmé ce participant.

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Date de publication : 2021-08-09 12:45:00