la Mufid booste l’inclusion financire à Bertoua depuis 18 ans

Tout visiteur dans la ville de Bertoua est vite attiré par l’imposant immeuble de la Mutuelle financière de développement (MUFID) en bordure de route au quartier Bamvelé juste en face l’immeuble baptisé « Hôtel des finances privées » (NDLR ; un immeuble qui abrite plusieurs établissements des services financiers, banque et assurance). En effet, c’est depuis 2018 que la MUFID a transféré son siège dans ce bâtiment de 2 niveaux qu’elle a construit après avoir passé plus de 15 ans dans un studio au cœur du marché central de Bertoua où elle a débuté ses activités. Au départ, cet établissement de microfinance de 1ère catégorie a commencé sous le nom de la Mutuelle communautaire de croissance (MC2) avant de muter à la Mutuelle financière de développement (Mufid). « Le sigle MC2 appartient au Dr Paul Fokam d’Afriland First Bank et nous fonctionnions en ce moment comme association. Il y a quelques années la COBAC a obligé tous les établissements de microfinance à se constituer en coopérative avec conseil d’administration. C’est ainsi qu’on a organisé une assemblée générale extraordinaire en mai 2019 pour se conformer à cette exigence de la COBAC et la MUFID a été créée », affirme Emmanuel WAMBO, directeur de MUFID Bertoua, rencontré dans ses services le 16 avril 2021. Ce dernier reconnait également que ce changement a permis à la MUFID de se détacher d’Afriland First Bank et de chercher d’autres partenaires financiers à l’instar de la Société commerciale de Bank (SCB) et le Crédit communautaire d’Afrique (CCA).

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Avec moins de 500 adhérents et un capital d’environ 15 millions de Fcfa en 2003, la MUFID compte aujourd’hui 8088 membres, 600 groupes et Associations avec un capital de près de 2 milliards de Fcfa de dépôt après 18 ans d’activités. Cet établissement de microfinance de 1ère catégorie est aujourd’hui un acteur incontournable du secteur de la microfinance dans le chef-lieu de la région de l’Est. « A date, nous avons octroyé les crédits de 430 millions aux agriculteurs, commerçants, éleveurs et pour financer l’immobilier entre autres », déclare le directeur.

Difficultés

Malgré son ambition de soutenir le développement local à travers l’octroi des microcrédits, la MUFID de Bertoua est confronté à plusieurs difficultés. « 36% des crédits ne sont pas remboursés à l’échéance. En plus nous enregistrons seulement 20% de transformation des ressources alors que le niveau exigé par la COBAC est de 70% », indique Emmanuel WAMBO. A l’origine, de ce faible taux de performance, notre interlocuteur soutient que « les conditions de constitution et de matérialisation des garanties sont en déphasage avec l’industrie de la microfinance ». A titre d’illustration, il faut un titre foncier pour solliciter un crédit. Or, moins de 10% de la population détient ce document. Et on se retrouve avec des demandeurs de crédit qui ne présentent que le certificat d’abandon du droit coutumier sur un terrain. Ceci s’ajoute aux frais élevés de notariat pour constituer un dossier de crédit. De l’autre côté, les conditions de réalisation des crédits par la banque auprès de ceux qui parviennent à monter un dossier conforme sont compliquées. « Il faut généralement une longue procédure en cas de faillite d’un débiteur », conclut-il.

Martin Foula

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Date de publication : 2021-05-05 17:03:45