Comment la Chine veut réguler ses grandes entreprises technologiques

Sa disparition a marqué les esprits. Jack Ma, l’ancien fondateur et président d’Alibaba et d’Ant Group, n’a plus été vu en public depuis octobre dernier. On ignore exactement ce qu’il est arrivé au milliardaire mais son absence s’inscrit dans une période où l’état chinois semble bien décidé à réguler le marché technologique, dont l’ampleur est devenu considérable ces dernières années. L’idée est par ailleurs de remettre au pas des dirigeants parfois jugés trop critiques à l’égard du régime communiste.

Concrètement, de nombreuses régulations ont récemment été mises en place par l’Empire du Milieu. Ainsi, en novembre dernier, la banque centrale chinoise et des régulateurs ont publié un ensemble de règles pour la microfinance. L’ambition est de forcer les compagnies qui octroient des prêts à disposer de fonds propres conséquents.

L’Europe et les USA veulent aussi mieux réguler les plateformes

CNBC rappelle aussi que l’Administration d’État pour la régulation du marché (SAMR) a publié des règles visant à mieux lutter contre les pratiques monopolistiques des plateformes. Et c’est en vertu de cette nouvelle réglementation qu’Alibaba et Tencent se sont vus infliger une amende de 63 000 euros pour leurs pratiques jugées anticoncurrentielles.

Enfin, en octobre 2020, la Chine a adopté un projet de loi sur la protection des données personnelles. L’objectif affiché est de réglementer la façon dont les entreprises peuvent traiter les informations de leurs utilisateurs.

Avec ces nouveaux dispositifs, le gouvernement semble vouloir s’assurer que ces grandes sociétés technologiques suivront les intérêts stratégiques du pays. C’est une vraie nouveauté dans le pays, où ces compagnies ont pu se développer sans règles trop contraignantes.

La Chine n’est pas la seule à agir sur le terrain de la régulation des entreprises technologiques. La Commission européenne a présenté en novembre dernier deux projets de directives visant à mieux réguler les géants de la Tech. L’idée est notamment de les responsabiliser en ce qui concerne la modération des contenus. L’UE veut aussi mieux sanctionner les pratiques anticoncurrentielles et déloyales de ces entreprises.

Enfin, les États-Unis pourraient rejoindre le mouvement. La nouvelle administration Biden est très attendue sur ce dossier et un rapport du Congrès adopté en octobre dernier laisser entrevoir une régulation musclée des GAFA.

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Date de publication : 2021-01-17 06:56:15