Au Togo, les activités des microfinances reprennent de plus belle

(Togo First) – Ralenties en 2020 en raison de la crise sanitaire de la Covid-19, les activités des structures de microfinance ont repris en force, montrent les dernières statistiques publiées par la BCEAO. Une dynamique traduisant une tendance générale sur tous les terrains dans l’ensemble des pays membres de l’Umoa : collecte de dépôts, octroi de crédits et ouverture de comptes.

Principalement au Togo, les dépôts et les crédits ont connu une croissance à deux chiffres à fin mars 2021, reflétant une confiance des acteurs économiques dans la reprise. Ainsi,  l’encours des dépôts de la clientèle a crû de 15,9%, s’approchant désormais de la barre des 300 milliards FCFA, dans le même élan que l’encours de crédits accordés aux acteurs économiques, qui s’est dopé de plus  19 milliards FCFA, dépassant désormais les 200 milliards FCFA.  Une hausse de 10,4%, performance toutefois légèrement en deçà de la tenue régionale.

Record de la croissance des dépôts

A fin mars de cette année,  les statistiques montrent que les 523 Systèmes financiers décentralisés (SFD) opérant dans l’union ont fait bénéficier à un peu plus de 16 millions personnes leurs différents services financiers, à travers 4 435 points de service.

La reprise de l’activité de microcrédits semblait ainsi en marche au premier trimestre, d’après les données consultées par Togo First. D’autant que le montant total des dépôts collectés par les SFD a augmenté de 232  milliards de FCFA pour s’établir à 1752 milliards de FCFA contre 1520,8 milliards de FCFA une année plus tôt, soit une augmentation de 15,3%. La palme d’or de la croissance des dépôts revient au Burkina (+67,6 milliards de FCFA, soit +25,1%), suivi de la Côte d’Ivoire (+52 milliards FCFA, soit +14,9%).

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Autre fait saillant : la progression annuelle de l’encours des dépôts dans le secteur à fin mars 2021 (+15,3%) est la plus importante des trois dernières années. Plus soutenue que celle notée à fin mars 2020 (+9,4%), fin mars 2019 (+9,9%) et fin mars 2018 (+7,0%).

Crédits en forte hausse, mais difficultés de remboursement

 

L’encours des crédits de l’Union s’est accru de 168,9 milliards de FCFA (+11,2%) par rapport à son niveau à fin mars 2020 pour se situer à 1679  milliards de FCFA, suivant la même trajectoire que les dépôts. Une croissance conduite par les crédits accordés en Côte d’Ivoire qui ont performé de 15,3% (+55 milliards de FCFA), et au Burkina ( +43 milliards de FCFA, soit +21,9%).

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Si les activités ont été dynamiques dans le secteur, la santé financière des SFD s’est globalement dégradée. Ainsi, observent les experts de la BCEAO, “la qualité du portefeuille des institutions de microfinance a continué de se dégrader au cours de la période sous revue.”

En effet, le taux brut de dégradation du portefeuille – qui est le rapport entre les crédits en souffrance bruts et le total des crédits, s’est inscrit en hausse, ressortant à 8,5% contre 7,1% à fin mars 2020, pour une norme généralement admise de 3% dans le secteur.

“La forte dégradation constatée depuis une année est liée à une augmentation des crédits en souffrance en rapport avec la crise occasionnée par la pandémie de Covid-19”, explique la BCEAO.

A fin mars 2021, elles ne sont désormais que 15, ces institutions de microfinance sous administration provisoire, dont 3 au Togo. Fin décembre 2020, ces structures étaient au nombre de 16.

Fiacre E. Kakpo

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Date de publication : 2021-08-20 12:22:30